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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 11:03

Il ne s’agit pas ici d’analyser le substrat des Mammillaria qui poussent entre les fentes du trottoir, ou de s’étendre sur l’enracinement des Copiapoa qui ornent les bouches du métro, mais de discuter du substrat des cactus en pots cultivés par les collectionneurs citadins. En effet, du fait de son lieu de vie, un cultivateur urbain va être confronté à quelques contraintes en matière de fabrication de substrat de culture.

Chaque collectionneur de cactées concocte un substrat particulier pour la culture de ses plantes et affine ses recettes au fur et à mesure de ses expériences. Chacun a ses petits secrets et ses préférences en matière de substrat. Il n’y a pas de substrat standard : celui-ci doit être adapté au type de plante, à la taille et au type de pot, et à la température de culture.

 

Les règles générales pour un bon substrat à cactées (et pour les xérophytes en général) sont :

 

- Etre drainant : ne pas retenir trop de liquide lors des arrosages, et pouvoir sécher rapidement.

Le substrat devra être d’autant plus drainant que le pot est volumineux et les températures de culture sont froides. Il devra également être plus drainant si le pot est en plastique plutôt qu’en terre cuite, qui assèche plus rapidement son contenant. Les éléments poreux du substrat favorisent la rétention d’eau lors des arrosages.

 

- Etre aéré : contenir de petites poches d’air et ne pas être compact. Un substrat compact sèche plus lentement, favorise la multiplication des germes pathogènes et le pourrissement des racines. Une grosse granulométrie facilite l’aération du substrat.

 

- Etre majoritairement minéral : ne pas contenir trop de matière organique en décomposition, qui retient l’eau et favorise les infections des plantes. La matière organique apporte cependant beaucoup d’éléments nutritifs utiles aux plantes.

 

Suivant ces règles j’utilise un substrat majoritairement minéral et à granulométrie hétérogène. En ce qui concerne sa composition, je suis moins exigeant car je pense que pour les cactées les caractéristiques physiques du substrat priment sur sa composition chimique. J’utilise quelques matériaux privilégiés, que j’additionne de ce que j’ai sous la main. Le pourcentage de chacun dans le substrat final varie en fonction de leur nature, du volume du pot et du type de plante.

 

Etant un collectionneur urbain, il s’agit principalement de matériaux que l’on peut trouver en ville, que je peux transporter et stocker en petites quantités sur ma terrasse. Les collections de plantes en ville ne sont généralement pas très volumineuses, et plusieurs des composants présentés ci-dessous ne sont pas des matériaux utilisables pour faire du rempotage à grande échelle.

 

Parmi les matériaux utilisés, il y a :

 

Terreau commercial à cactées : c’est un mélange de terreau (matières organiques décomposées) et de divers éléments minéraux (sable, pouzzolane, etc) en proportions variables suivant les marques, vendu en petits sacs faciles transporter et à stocker. Sa matière organique apporte des éléments nutritifs utiles aux plantes. Cependant il ne faut pas l’utiliser tel quel pour la culture, malgré ce que préconisent les vendeurs, car il est trop riche en matière organique et retient trop l’eau. Trop de terreau rend le substrat compact et favorise la croissance des micro-organismes (algues, bactéries ou champignons).

Dans le substrat de culture j’en mets de 0% (substrat purement minéral) à 60% maximum (substrat type « 3 tiers »).

 

  Terreau cactées


Le terreau commercial standard, moins cher, peut être utilisé (de préférence le terreau pour plantes à fleurs) mais, du fait de sa composition 100% organique, il faut diminuer la quantité par deux dans le substrat final par rapport au terreau à cactées.

 

Vermiculite : c’est un silicate micacé naturel en feuillets exfoliés à haute température. On la trouve vendue en sac dans les jardineries. C’est un composé très léger qui retient un peu le liquide s’il n’est pas trop malaxé pour détacher les feuillets micacés les uns des autres. Par contre il se désagrège vite s’il est malaxé. Sa structure très légère aère bien le substrat. De plus, il adsorbe à sa surface des éléments chimiques utiles aux plantes, et prévient la croissance des germes pathogènes.

J’en rajoute toujours dans le substrat, dans des proportions qui vont de 10% à 30%.

 

Vermiculite-mai-09.jpg

Sable : il permet de minéraliser un substrat trop organique, ou d’améliorer ses qualités physiques en termes de drainage ou d’aération s’il n’est pas trop fin. J’ai une préférence pour le sable beige ou roux, de granulométrie hétérogène, qu’on trouve dans les tas oubliés après les chantiers :

 

Sable 1

 

Le sable de quartz vitreux des magasins d’aquariophilie est très cher et un peu trop homogène. Il est utile esthétiquement pour surfacer les pots.

Ne pas utiliser de sable de plage, ou bien du sable non calcaire et prélevé à grande distance du bord de l’eau, et rincé par les pluies. Il m’est arrivé d’utiliser du sable de plage issu de falaises granitiques de Bretagne, fortement micacé, qui m’avait donné de bons résultats.

J’incorpore toujours 10% à 30% de sable dans le substrat.


Pas de sable ?... Broyez de la perlite

La perlite est composée de fragments de silice blancs expansés et très légers. On la trouve en petits sac dans les jardineries ou en gros sacs dans les magasins de bricolage.

Je ne suis pas un fan de ce matériau utilisé tel quel : mélangé tel quel au substrat il ressemble à des billes de polystyrène, il flotte en surface lors des arrosages et s’envole avec le vent.

J’utilise la perlite uniquement broyée, en remplacement du sable. Pour la broyer je verse un peu de perlite dans un récipient et je l’écrase en la pressant avec un verre à fond plat, comme dans un mortier :

 

Perlite 1

 

C’est un composé très friable et quelques coups de verre suffisent à obtenir une poudre de granulométrie hétérogène. Sa consistance est équivalente à celle d’un sable de quartz blanc très léger :

 

Perlite broyée


J’incorpore cette poudre au substrat de culture, comme du sable, à hauteur de 10% à 30%.

 

 

Pouzzolane : c’est une roche ignée constituée par des scories volcaniques. Vendue en sacs, elle se présente comme un gravier rugueux et irrégulier, brun ou roux, de structure alvéolaire :

La pouzzolane permet de minéraliser le substrat, d’en augmenter la granulométrie et d’améliorer le drainage et l’aération. Esthétiquement elle est assez décorative. Sa structure rugueuse et alvéolaire la rend cependant un peu longue à sécher après arrosage.

J’en incorpore 10% à 30% dans le substrat.

 

Pouzzolane

Remplacer la pouzzolane ?... Utilisez des billes d’argile à bonzaï

 

Pas toujours facile à trouver en ville, j’ai pris l’habitude de remplacer la pouzzolane par de l’argile expansée à bonzaï, également plus légère et plus facile à transporter.

Il s‘agit de petites billes très irrégulières en terre cuite et expansée, vendues en petits sacs dans les jardineries et utilisées dans la culture des bonzais. Leur granulométrie est inférieure à celle des billes d’argile classiques, et équivalente à celle de la pouzzolane. De loin ces grains d’argile irréguliers  ressemblent à de la pouzzolane et sont assez esthétiques.

 

Argile expansée 2


C’est à mon avis un matériau qui présente des qualités supérieures à la pouzzolane pour la culture des cactées : les billes sont moins rugueuses, plus drainantes, et piègent moins d’eau lors des arrosages.  De plus elles sont plus expansées et plus légères que les grains de pouzzolane.

J’en incorpore 10% à 30% dans le substrat de culture. Plus la taille du pot est grande et plus la proportion d’argile expansée doit être importante, pour limiter la masse d’eau retenue dans le substrat. Je les utilise aussi en surfaçage ou en couche de drainage au fond du pot.

 

 

AquaBasis Plus : substrat pour plantes d’aquarium de la marque JBL vendu en magasins d’aquariophilie. C’est un sable enrichi en sels minéraux insolubles (zinc, cobalt, molybdène, fer, manganèse et bore) qui se solubilisent au contact des racines des plantes, et il est dépourvu de composés azotés. Ce matériau est particulièrement utile pour enrichir le substrat 100% minéral, qui est un substrat pauvre à la base.

J’en rajoute toujours un peu dans le substrat, jusqu’à 10% dans le substrat purement minéral.

 

Aquabasis-Plus-4.jpg

Terre : un cactophile urbain arrive toujours à récupérer un peu de terre par-ci par-là, mais rarement en grosses quantités. Attention à ne pas récupérer de la terre de travaux du bâtiment ou de voirie polluée.

La terre est un matériau qui n’est pas indispensable dans un substrat à cactées ; mais il peut être utile d’en rajouter un peu : elle peut servir à compacter un substrat trop drainant, à stabiliser un substrat trop friable, et à adsorber les éléments nutritifs par son complexe argileux. J’évite la terre calcaire.

Il faut briser les mottes pour l’incorporer au substrat. Si la terre forme des mottes argileuses humides et compactes, quelques minutes au four à micro-ondes suffisent pour les faire sécher et les effriter.

Le pourcentage de terre dans mon substrat ne dépasse jamais 20%. S’il s’agit de terre argileuse et compacte j’en mets moins de 10%.

 

Pas de terre ?... Pensez à la litière pour chat ou à l’akadama

La litière pour chats est une argile blanche compacte naturelle, concassée, vendue en sacs de quelques kilos très bon marché. Au moment de l’achat vérifiez qu’elle est sans additif.

L’akadama est son équivalent en version ocre, mais un peu plus léger : c’est une roche argileuse et poreuse concassée, vendue en sac et  utilisée principalement pour la culture des bonzaïs.

Les 2 se présentent sous forme de petits graviers poreux au très fort pouvoir d’absorption de liquide, qui ont initialement un comportement proche de la pierre ponce. Mais même si ils ont une apparence de gravillons, leur comportement physique sur le long terme s’apparente à celui de la terre. Comme de mini-mottes de terre, il ne faut pas trop les malaxer une fois mouillées sinon les grains s’écrasent et forment une pâte. Les grains aèrent le substrat quand ils sont secs. Ils piègent beaucoup de composés organiques solubles, ce qui évite la croissance des germes pathogènes.

 

Liti-re-chat.jpg


Du fait qu’il s’agit d’argiles poreuses et absorbantes, j’en mets moins de 10% dans le substrat. Elles sont utiles dans le substrat 100% minéral, qui est parfois trop drainant, et aussi pour piéger les éléments nutritifs dans le complexe argileux. J’évite de les écraser ; cependant, une fois écrasée l’argile des gravillons retrouve totalement les qualités physiques de la terre et peut être utilisée comme telle pour compacter un substrat trop friable.

Attention, en trop grande quantité la litière pour chat retient trop d’eau et elle alourdit le substrat, ce qui bloque la croissance des racines.

 

 

Graviers : Les graviers ne sont pas indispensables, sauf si on n’a pas de gros éléments drainants de type pouzzolane ou grains d’argile expansée.

Eventuellement intéressants, les petits fragments de roches magmatiques très colorés sont riches en éléments minéraux nutritifs et sont utiles dans les substrats minéraux. Ci-dessous des fragments de roche magmatique rapportés du massif du Grésivaudan dans les Alpes, et incorporés dans le substrat minéral :

 

Roche magmatique 2


Les graviers ronds en quartz ou en basalte, du type des tas de petits galets des chantiers destinés à la préparation du béton, sont moins intéressants : c’est lourd, compact, et ça améliore peu les qualités du substrat de culture.

 

Le mélange des ingrédients


Pour la préparation du substrat, les ingrédients ci-dessus, ou quelques uns d’entre eux, sont mélangés en proportions variables suivant les qualités du substrat final désirées. On distingue 2 types de substrats de culture des plantes grasses et succulentes :

 

Le substrat purement minéral

Ce substrat purement minéral est nécessaire à certaines plantes qui ont du mal à supporter de la matière organique décomposés et qui ont besoin d’avoir des conditions très drainantes au niveau des racines (principalement les Copiapoa et Eriosyce). Il est préparé à partir des éléments présentés ci-dessus - à l’exception du terreau - en proportions variables, de manière à avoir un mélange de granulométrie hétérogène.

Un substrat minéral a généralement de bonnes caractéristiques physiques, il est bien aéré et drainant, mais se pose le problème de sa composition chimique et de ce qu’il apporte en éléments nutritifs aux plantes : c’est un substrat pauvre. L’apport de Aquabasis Plus, voire de roches magmatiques colorées, aide à palier ce déficit en éléments nutritifs. Les plantes poussant dans un substrat minéral nécessiteront quand même de recevoir des apports d’engrais réguliers.

 

Le substrat organique

Rajouter du terreau à un substrat minéral le transforme en substrat organique. Ce terreau apporte des éléments nutritifs qui vont favoriser la croissance des plantes. La proportion de terreau à incorporer est variable suivant le type de plante, mais les éléments minéraux doivent rester majoritaires dans le substrat final. Plus le mélange contient de terreau et plus des éléments drainants et aérants doivent être ajoutés de manière importante, pour limiter les risques de pourriture au niveau des racines.

 

***

 

Article connexe : Substrat pour semis de graines de cactées.

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